Le certificat d’études : son déroulement

Certificat d’Etudes Primaires Elémentaires

Législation. Le certificat d’études primaires institué définitivement par l’article 6 de la loi du 28 mars 1882 est décerné à la suite d’un examen public auquel peuvent se présenter les enfants dès l’âge de onze ans.

Ceux qui, à partir de cet âge, ont obtenu le certificat d’études primaires sont dispensés du temps de scolarité obligatoire qui leur restait à passer. .

L’examen a lieu à l’expiration de chaque année scolaire. (Loi du 28 mars 1882, art. 6 ; décret du 27 juillet 1882, art. 1er.)

Des commissions cantonales sont nommées par les recteurs, sur la proposition des inspecteurs d’académie, pour juger l’aptitude des aspirants et des aspirantes au certificat d’études primaires élémentaires. Ces commissions se réunissent chaque année, sur la convocation de l’inspecteur d’académie, soit au chef-lieu de canton, soit dans une commune centrale désignée à cet effet. L’inspecteur primaire du ressort est président de droit de ces commissions.

Une circulaire ministérielle du 2 mai 1892 recommande de ne réunir les commissions d’examen du certificat d’études que vers le 15 juin au plus tôt, et même, s’il est possible, à une date plus éloignée.

Pour l’examen des jeunes filles, des dames font nécessairement partie de la commission. (Arrêté du 18 janvier 1887, art. 254.)

A l’époque et dans les délais prescrits par l’inspecteur d’académie, chaque instituteur dresse, pour son école, l’état des candidats au certificat d’études.

Cet état porte : les nom et prénoms ; la date et le lieu de naissance ; la demeure de la famille ; la signature de chaque candidat.

Les pères de famille dont les enfants ne suivent aucune école fournissent au maire les mêmes indications.

La liste, visée et certifiée par le maire, est transmise, en temps opportun, à l’inspecteur primaire.

Aucun candidat ne peut être inscrit s’il n’a au moins onze ans au moment de l’examen. (Décret du 27 juillet 1882, articles 1 et 2 ; arrêté du 18 janvier 1887, art. 255.)

Toutefois, consulté à ce sujet par plusieurs inspecteurs d’académie, le ministre a fait savoir qu’il y avait lieu d’admettre à l’examen du certificat d’études primaires élémentaires les candidats qui auront onze ans révolus à la fin de l’année scolaire, c’est-à-dire le 30 septembre au plus lard (Bulletin administratif du ministère de l’instruction publique, 1889, XLVI, p. 14.) Aucune dispense d’âge n’est accordée.

Les épreuves de l’examen sont de deux sortes : les épreuves écrites et les épreuves orales.

Les épreuves écrites ont lieu à huis-clos, sous la surveillance des membres de la commission. Elles comprennent :

1° Une dictée d’orthographe de quinze lignes au plus ; le point final de chaque phrase est indiqué.

La dictée peut servir d’épreuve d’écriture courante.

Elle est suivie de questions (cinq au maximum) relatives à l’intelligence du texte (explication du sens d’un mot, d’une expression ou d’une phrase ; analyse d’un mot ou de plusieurs mots, etc). ;

2° Deux questions d’arithmétique portant sur les applications du calcul et du système métrique, avec solution raisonnée ;

3° Une rédaction d’un genre simple portant, suivant un choix à faire par l’inspecteur d’académie, sur l’un des trois ordres de sujets ci-dessous :

  1. a) L’instruction morale ou civique ;

  2. b) L’histoire et la géographie ;

  3. c) Notions élémentaires des sciences avec leurs applications ;

4° Pour les garçons, suivant les écoles déterminées dans chaque département par l’inspecteur d’académie, soit un exercice très simple de dessin linéaire ou d’ornement tiré du programme du cours moyen, soit une ou plusieurs questions choisies dans le programme d’agriculture du cours moyen.

La classification en écoles rurales et écoles urbaines doit être faite par l’inspecteur d’académie d’après la profession généralement suivie par les parents (Circulaire du 12 janvier 1898) ;

Pour les jeunes filles, un travail de couture usuelle, sous la surveillance d’une dame désignée à cet effet.

Les candidats inscrits dans les écoles primaires où l’enseignement des matières du professeur de leçons de choses appropriées à la profession du marin et du pêcheur (Voir Cours spéciaux) établi par arrêté du 20 septembre 1898, pour le cours moyen, est obligatoirement donné, subissent une épreuve sur ces matières au lieu et place de l’épreuve d’agriculture et de dessin.

Les textes et les sujets de composition, choisis par l’inspecteur d’académie, sont remis, à l’ouverture des épreuves, sous pli cacheté, au président de la commission. .

Les compositions portent, en tête et sous pli fermé, les nom et prénoms des candidats, avec l’adresse de leur famille. Ce pli n’est ouvert qu’après achèvement de la correction des copies et l’inscription des notes données pour chacune d’elles.

Les candidats peuvent présenter à la commission, à titre de renseignement, un cahier de devoirs mensuels, ou, à défaut, un cahier de devoirs courants.

Le temps accorde pour chaque épreuve et le chiffre servant à en apprécier le mérite sont ainsi déterminés :

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1. Le texte est lu préalablement à haute voix, dicté, puis relu, et vingt minutes sont accordées aux candidats pour revoir leurs copies et répondre aux questions. L’orthographe du texte dicté et 1RS réponses aux questions posées ne constituent qu’une seule épreuve. Les deux notes partielles s’additionnent, et l’épreuve n’est éliminatoire que si le total des deux notes est égal à zéro: toutefois, la commission peut, exceptionnellement et après délibération, prononcer l’élimination définitive d’un candidat qui aurait fait dans la dictée un trop grand nombre de fautes, même s’il a obtenu des points pour ses réponses aux questions.

La nullité d’une épreuve entraîne l’élimination.

Les compositions sont corrigées séance tenante par les membres de la commission.

L’indication de la note est portée : 1° en tête de chaque copie ; 2° sur un tableau dressé à cet effet.

Ne sont admis aux épreuves orales que les candidats qui ont obtenu au moins la moyenne des points pour la première série d’épreuves, soit 25 points.

(Arrêté du 18 janvier 1887, articles 256 et 257 modifiés par les arrêtés du 31 juillet 1897, 8 août 1903 et 27 juillet 1908.)

Les épreuves orales sont publiques. Elles se passent devant une commission unique, présidée par l’inspecteur, et comprennent:

Une lecture expliquée, accompagnée de la récitation d’un morceau choisi sur une liste présentée par le candidat ;

Des questions d’histoire et de géographie.

Comme les épreuves écrites, les épreuves orales sont appréciées au moyen d’un chiffre variant de 0 à 10.

La durée de l’ensemble de ces épreuves ne doit pas excéder un quart d’heure pour chaque candidat. (Arrêté du 18 janvier 1887, art. 258.)

Les points obtenus pour les épreuves orales sont ajoutés aux points obtenus pour les épreuves écrites.

Nul n’est définitivement déclaré apte à recevoir le certificat d’études, s’il n’a obtenu la moitié au moins du total maximum des points accordés pour les deux séries d’épreuves, soit 35 points pour les garçons et pour les filles.

Outre les matières ci-dessus énoncées, l’examen peut comprendre, pour les filles, un exercice de dessin linéaire et d’ornement. Cette épreuve facultative peut également être subie, sur leur demande, par les élèves des écoles rurales de garçons, pour lesquels l’épreuve d’agriculture est seule obligatoire.

Il est fait mention, sur le certificat, de ces matières facultatives pour lesquelles le candidat a obtenu la note 5. (Arrêté du 18 janvier 1887, articles 259 et 260 modifiés par l’arrêté du 31 juillet 1897.)

Le procès-verbal de l’examen est transmis à l’inspecteur d’académie qui, après avoir vérifié la régularité des opérations, délivre, s’il y a lieu, le certificat d’études.

Dans le mois qui suit la clôture des sessions, l’inspecteur d’académie adresse au recteur un compte-rendu statistique des résultats obtenus dans son département. Le recteur adresse au ministre un compte-rendu analogue pour tous les départements de son ressort. (Arrêté du 18 janvier 1887, articles 261 et 262.)

Le certificat d’études donne droit à l’entrée dans le cours supérieur des écoles primaires élémentaires. (Arrêté du 18 janvier 1887, art. 14.) Il est exigé : a) des élèves des écoles primaires supérieures ou des cours complémentaires (Décret du 18 janvier 1887, art. 38) ;b) des candidats aux bourses d’enseignement primaire supérieur. (Arrêté du 18 janvier 1887, articles 44 et 45.)

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